vendredi 8 juin 2012

QUELQUES MOTS SUR L'ARCHIPRÊTRÉ DE CHAUNAY



Les diocèses de France ont pour limites, originairement, le territoire des cités des Gaules.
L'évéché de Poitiers s'est étendu sur tout le pays des Poitevins et même des petits peuples qui leur furent annexés.
Des parties considérables en ont été détachées, et plus tard, en  1347, un seul diocèse en a formé trois : Poitiers, Luçon, et Maillezais.
Ce n'est qu'en 1648 que le siège de Maillezais fut transféré à La Rochelle.
Toutes les paroisses étaient érigées .../...

... l'an 600, ou à peu près.

À mesure qu'elles s'établirent, l'évêque plaça dans les principales localités d'abord des chorévêques, ensuite des archiprêtres ou des doyens qui eurent sous leur dépendance une certaine étendue de pays.

La juridiction des archiprêtres ne répond ni à la circonscription fort incertaine des pagi ou pays, ni aux premières divisions judiciaires, ni au cadre plus restreint des centaines et des vigueries : elle est donc exclusivement écclésisatique.

Selon Guérard, qui fait autorité en ces matières, les archiprêtrés et les doyennés datent de l'an 800.
Il est permis de croire, dit-il, que des vicaires pouvaient répondre quelquefois à des archiprêtrés, et même à des doyennés; la géographie écclésisatique peut encore ici servir d'auxiliaire à la géographie civile; mais 'avoue qu'arrivé à ce dernier terme des divisions territoriales, je n'ai tiré que fort peu de secours de l'étude de la première.

Le vieux siège archipresbytéral, sous le vocable de Saint Pierre, est circonscrit au bassin de la Bouleur, et s'étend sur les plateaux intermédiaires des affluents de la Charente.Il était de quinze paroisses; c'est en l'une d'elles, à Mairé-Lévescault, que naquit Saint Junien, contemporain de Sainte Radegonde, de Saint Héray, et de Saint Fortunat.

Le centre druidique de ce pays, pour une étendue sans doute plus grande que l' archiprêtré, était à Limalonges qui a reçu son nom hybride d'un dolmen fameux appelé Pierre-Pèse.
Limalonges et sa Pierre-Pèse, comme Messé et sa Pierre-Folle, occupent des plateaux loin des sources.
Le centre Chrétien fut placé à Chaunay au bord de la Bouleur.


Sources :
Richard, Jules-François (1810-1868)
Quelques mots sur l'étendue et la formation des anciens archiprêtrés d'Exoudun, Chaunay, Bouin, Melle, Niort, Saint-Maixent et Lusignan, par M. Jules Richard.
Niort : Clouzot, 1865. In-8° , 12 p.
Extrait des "Mémoires de la Société de statistique des Deux-Sèvres"


ARCHIPRÊTRES.

Note : L' archiprêtré de Chaunay existe sans doute bien avant 1175, l'archiprêtre Willelmus êtant la première trace matérielle du nom d'un archiprêtre dans cette commune.
Archiprêtre est un titre honorifique attribué au Curé d'une paroisse importante.
Il semble que l'Archiprêtré de Chaunay ait été dissous aux alentours de 1789.


1175-? : WILLELMUS

Dom Fonteneau cite en 1175  Willelmus, archipresbiter de Chaunay.


1610 : Pierre ESVET. 

Note :
Pierre Esvet, fondateur du Couvent des Filles Saint-François de Poitiers, au début du XVIIème siècle, était Curé-Archiprètre de Chaunay.
Un acte du 27 mars 1610, ( Arch. de la Vienne, G.-166), le dénommait : 
" Vénérable Messire Pierre Esvet, prestre, chanoine de l' Église de Poictiers ".
Ce document parle plus loin du : " dict Pierre Esvet et ses successeurs archiprêtres de Chaunay ".
À noter la présence dans l' Église de Chaunay de fonts baptismaux portant cette inscription : " M.P. Esvet.1619 ".

1657-1673  : Pierre GUYOT
 
Il est nommé Archiprêtre à Chaunay, et prend possession en 1661 du Château des De Chaunay, devenu propriété du Grand Aumônier de France.
Il remet le bâtiment en état. 
Il reconstruit le porche, où il inscrit ses initiales et la date de la construction : 
P.G. 1661.
Le porche ressemble à celui du Grand Plomb, sur la route Chaunay à Civray où un membre de sa famille y était seigneur.
Note :
 A eu deux filleuls :
- Françoise Cuvillier, Née le 3 Septembre 1661. Baptisée le 12 Septembre 1661.
- Pierre Agier, Né le 29 Avril 1668. Baptisé le 17 Mai 1668.
Sources :
Note :
GE 86 signale le décès de Pierre GUYOT, à Chaunay, le 25 Janvier 1665, fils de François GUYOT et de Marie BOUTIN.
Est-ce le même ???


1675-1706 : Maitre Jacques RIFFAULD, archiprêtre et curé de Chaunay.
On trouve sa signature pour la dernière fois sur l'acte du ???.
ADV : BMS, ???



1707-1710 : J.G. (Ignace) RIFAUT, archiprêtre et curé de Chaunay.
Signe les actes " Prêtre indigne. Ancien curé de Civray (???) ".

Voir:
Acte du 24 Juillet 1707.  ADV : BMS, 1705-1720, page 46/152.


1710-1719 : Émery FAUGERON, curé de Chaunay en 1712.
Peut-être pas Archiprêtre  ???

Il prend ses fonctions le huit Juillet 1710, et ajoute ce commentaire un tantinet fielleux à l'encontre de son prédécesseur :
Sources : ADV, BMS 1705-1720, page 65/152.
" C'est le registre que moi, soussigné, prêtre curé de Chaunay, que j'ai rencontré, et sur lequel j'ai commencé à faire les fonctions curiales le huit Juillet 1710, pour lequel j'ai payé vingt quatre livres que m'a fait payer Monsieur Ignace Rifaut, avec lequel j'ai permuté pour la moitié de l'année, ayant quarante huit livres pour tout le-dit registre.
Ayant eu besoin d'un acte mortuaire de feu Maitre Charles Cuvilliers, enterré en 1708, je ne l'ai point trouvé dans le-dit registre.
Aussi, Monsieur Rifaut m'a avoué qu'il ne savait de quoi il était devenu.
Il se pourra bien faire dans la suite qu'il se trouvera quelques autres noms absents.
C'est l'avertissement que je crois pouvoir donner. "

Note :
Le GE 86 signale :
La naissance à Chaunay de :
Gabriel Faugeron le 16 Décembre 1711, fils de Emery Faugeron et de Geneviève Linacier.
et de 
Jacques Faugeron le 4 Avril 1713, fils de Emery Faugeron et de Geneviève Linacier.

... et le décès de Emery Faugeron à Chaunay le 1er Octobre 1721.

Il y aurait donc à Chaunay un Émery Faugeron marié et père de famille, et un autre Èmery Faugeron, toujours à Chaunay, et à la même période, archiprêtre curé de Chaunay ???



1720-1741 : Jean-Arnaud THÉBAULT
Sources : ADV : BMS, 1720-1722, page 3/29.
" Le 11 Avril 1720 : Jean-Armand Thébault, ancien Archiprêtre de Ruffec, et curé de Pamproux, prend possession de l'Archiprétré Cure de Saint Pierre de Chaunay, sur les neuf heures du matin,  en présence de Émery Faugeron, son prédécesseur, et de Jean Mauflastre, vicaire à Chaunay de 1712 à 1720, tous deux prètres. Le sieur Chabot, notaire royal, a la minute ".

Le 23 Janvier 1721, il inscrit sur ses registres le nombre de feux de la paroisse de Chaunay.
Sources : ADV : BMS 1720-1722, page 11/29.
Son dernier acte signé semble être celui daté du 23 Juillet 1741, celui du baptème de Gabriel Laurent, acte signé : Thébault, ancien archiprêtre !
ADV : BMS 1730-1749, page 77/149.

Note de J-M. Manguy : 

En 1722, l’abbé Jean Arnaud Thébault offre tout le mobilier liturgique (autel, tabernacle, retable, crucifix, encensoirs,......). 
Sources : ADV : BMS, 1705-1720, page 73/152.
" Le 24 Janvier 1721 :
Mémoire des réparations depuis le 22 Avril 1720 jusqu'au dernier jour de Février 1722, tant à l' église qu'à la maison curiale et archipresbitérale faites par moi sus-dit Thébaut, curé de Chaunay depuis 1720.
" La somme de 620 livres que les paroissiens donnèrent à l'amiable pour les réparations de la nef, et pour les pierres, tuiles, lattes, chevrons, sable et blanchissure, et les façons des ouvriers, et les laboureurs qui ont fourni les charrois maintenant les pierres montées et couvertes ".


Une déclaration à l’assemblée générale du Clergé de France précise le 22  décembre 1726 qu’il a :
 "dressé la charpente du choeur et du sanctuaire, fait voûter la nef de l’église et icelle blanchir".  
Il aurait également fait percer la grande fenêtre de façade." En Juillet 1741, Jean-Arnaud Thébault cède sa charge à Maitre Pierre Joseph Hillaire Peronnet, 
et prend celle de Chanoine de Saint Pierre Le Puellier à Poitiers.

La pierre tombale du curé Jean Arnaud Thébault se trouve dans l’église.
Voir son épitaphe dans l'Église de Chaunay ( copie de M. Brouillet) :
" Jean Thébaut archiprestre curé ... cv ... Chaunay agé de 50 ans a fait poser et embellir les figures et retable
construire l'autel donné le tabernacle les vases sacrez ornements livre benitier lampe encensoir armoire

a fait réparer vitrer  paver  et couvrir l'église le tout à ses frais en 1722
Priez dieu pour lui.
Il décéda le ... du mois ... 17.. "

Sources : http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k272300j/f395.image.r=CHAUNAY.langFR







L'autel, vue actuelle.

La date inscrite dans la pierre, 1726, semble indiquer que ce bénitier est l'un des derniers
vestiges des efforts de Jean-Arnaud Thébaut !!!



1741-1787 (soit 46ans de service !) : Pierre Joseph Hillaire PERONNET
Note :
De 1749 à 1762, Pierre Péronnet, archiprêtre de Chaunay, reconstruit entièrement le presbytère.
Il est inhumé le 27 Novembre  1787, agé d'environ 74ans, dans le nouveau cimetière de Chaunay, près de la croix, terrain qu'il avait lui-même donné en 1780, afin que les gens ne soient plus enterrés dans le petit ou le grand cimetière du centre bourg de Chaunay.
Avant de mourir, il lègue une somme pour  les réparations de l'Église et de la cure.

Ses héritiers ont remis cette somme à Pierre Dubois en le chargeant d'avoir à terminer ces travaux en l'espace de huit ans.
Sources : ADV : BMS : 1786-1792, page 23/97.




Extrait du registre paroissial de 1777 :
" Joseph Clément GAUVAIN DU MARGAT , baptisé le 24 octobre 1777 - , la Ferrière-Airoux,
Parrain : Messire Pierre Joseph PERONNET archiprêtre de Chaunay".

Le XX Décembre 1787-1794 : Pierre Vincent  DUBOIS
Il porte le titre d'archiprêtre jusqu'au premier Octobre 1791, date à laquelle il s'intitule simplement curé de Chaunay.
Le 24 Septembre 1792, il prête serment devant la municipalité de Chaunay, et le 2 décembre de la même année, il est élu notable dans la municipalité.
Il quittera Chaunay vers le 1er Mai 1794, pour Richelieu en Indre et Loire, à l'age de 42ans, après avoir vendu tous ses meubles, et obtenu un certificat de civisme pour lui et pour sa nièce.
L'Église est désormais fermée après son départ le 1er Mai 1794.

Date du premier acte d'état-civil rédigé par P.-V. Dubois : le 10 Décembre 1787.
Sources : ADV : BMS : 1786-1792, page 23/97.
 

Note : 
Adresse et délibération des curés de l'archiprétré de Chaunay, département de Poitiers.
Du 17 mai 1790

A Paris : chez Baudoin, Imprimeur de l'Assemblée Nationale, 1790. 4 p. ; 21 cm.
"La présente délibération soit envoyée à l'Assemblée nationale, et que copie d'icelle soit remise a ...".
"Délibéré à Chaunay le 18 mai 1790.
Signé :

Demont de la Millerie, Prêtre cure de Clussay, Doyen des Cures;
Bourbeau, Curé de Counay;
Robert, curé de Brun ...
Albert, Vicaire de Blanzay;
Dubois, Archiprêtre-Curé de Chaunay".

Le 26 Décembre 1792, signe encore les actes d'état-civil. (ADV, page 11/13.).

À partir de Janvier 1793, c'est Bris Gagnaire, officier public qui signe les actes.

Voir aussi :
Transcription de l'acte de mariage :
Le huit janvier, l'an mille sept cent quatre vingt huit, après trois publications de bans faites au prône de ma messe paroissiale par trois dimanches ou fêtes consécutifs,
entre François BOUCHET,
fils majeur et légitime de Pierre BOUCHET, laboureur, et de Françoise GACHET, de la paroisse de Chaulnay, d'une part,
avec Marie GENDREAU,
fille mineure et légitime de feu François GENDREAU, marchand, et de vivante Jeanne GUIARD, de la paroisse de Vanzay, d'autre part,
sans qu'il se soit trouvé d'empêchement civil ni canonique,vu le certificat de monsieur DUBOY, archiprêtre de Chaulnay, en bonne forme, je leur ai donné la bénédiction nuptiale,
en présence de Pierre BOUCHET, père de l'époux, Jean BOUCHET, oncle, Louis GACHET, oncle, Louis BOUCHET,cousin germain, Pierre Constantin GENDREAU, frère de l'épouse, Jacques GUIARD, cousin germain, Jacques GUIARD, cousin germain, Gabriel LÉVRIER cousin germain. BOUREY curé de Vanzay.

Signatures : F.BOUCHET, M.GENDREAU, P.C.GENDREAU,J.GUIARD, L.GASCHET, G.LÉVRIER, J.GUIARD,L.BOUCHET, PICHOT, BERTOU.

Voir aussi au CCFr :
Discours prononcé par M. Dubois, curé de Chaunay avant la bénédiction du Drapeau de la Garde Nationale, le 23 mai 1790. 1790 (Poitiers). 8 p.



L’Abbé Dubois, curé de Chaunay. 
Chanson chantée par M. le commandant de la milice nationale de Chaunay. 1790 (Poitiers : Chevrier). 4 p. , 8°